Après le démarrage record du film Spider-Man: Brand New Day la semaine dernière, le journaliste Charles Boutin m’interroge à nouveau pour Le Figaro non plus sur le film de l’homme-araignée en lui-même mais ce que cette performance implique comme changements (ou pas) dans la stratégie de Marvel Studios, en particulier avec le futur Avengers: Doomsday à l’horizon. L’article du Figaro est lisible ICI
Je veux juste préciser à ceux d’entre vous qui me suivent que je ne suis pas forcément d’avis de me réjouir sans borne pour cette performance. D’abord, on peut être intéressé par les comics sans forcément se sentir « convoqué » par les films. L’un n’entraîne pas l’autre automatiquement. C’est vrai, j’ai ri en voyant le désaveu de tous ceux qui criaient un peu vite à la « superhero fatigue » parce que ça faisait de meilleurs titres.
Par contre, je pense que les comics ne sortent pas gagnants de deux scénarios.
1) En cas d’effondrement massif de ces films, on vient nous expliquer que cet effondrement est la faute des personnages (à mon avis, si déjà on se retenait de sortir des Madame Web, Kraven ou Morbius, échecs connus d’avance, ça ferait moins baisser la moyenne des copains).
2) En cas de surperformance (et avec Brand New Day + un Avengers en fin d’année, on y va tout droit), ça renforce, j’en ai peur, un excès inverse dans les couloirs de Marvel Studios : cette idée que les films font tourner la baraque (ce n’est pas faux économiquement) et que, par conséquent, les comics doivent s’aligner pour leur ressembler. C’est un « discours » que j’ai déjà perçu quelques fois.

Donc ne vous y trompez pas. Je me réjouis que ces idioties de « superhero fatigue » soient taillées en pièces, parce que c’était vraiment prendre les gens pour des idiots de raconter ça sans la moindre nuance. Je me réjouis aussi si les cinémas font plus d’entrées parce qu’on est, dans la globalité, encore nettement en dessous des chiffres d’affaires pré-COVID et que les cinémas ont BESOIN de se sortir de cette période. Mais je ne suis pas sûr du tout que des box-offices trop insolents soient forcément une bonne chose pour l’industrie des comics. À part si quelqu’un là-bas comprend que, pour faire de nouveaux films, ils ont besoin que les comics inventent de nouvelles histoires.