Interview dans Première (Février 2015)

Interview dans Première (Février 2015)Première publie ce mois-ci un article titré « Faut-il croire aux super-héros français ? » (lisible dans sa version « en ligne » en cliquant ICI). Avec Simon Astier (Hero Corp), Thomas Salvador (Vincent n’a pas d’écailles) et moi-même (avec la casquette Super-Héros – une histoire française, comme la plupart d’entre vous s’en doutent), on nous a donc réunis pour discuter de la question. Le résultat est cette double page où l’on a empilé nos photos façon Mont Rushmore en les recoloriant. J’hérite donc d’un bleu qui me donne de faux airs du Docteur Manhattan dans Watchmen. Mais la rencontre fut très sympathique pour la plus grande partie (cela c’est un peu mal terminé, je vous dirai pourquoi dans quelques lignes). Je connaissais déjà Simon mais je dois avouer que j’avais tiqué la première fois où j’ai vu la bande-annonce du film et les affiches du « Vincent n’a pas d’écailles » le présenter comme un « premier super-héros français ». Mais Thomas est le premier à reconnaître que c’est une présentation un peu lapidaire, qui ne définit pas spécialement son projet. La discussion était agréable.

Interview dans Première (Février 2015)

On a bien passé plus d’une heure à parler « Super-héros français » dans ce bar. À un moment, on m’avait parlé de Fantômas et j’expliquais pourquoi le Fantômas classique est tout sauf un super-héros, tenant plus du terroriste masqué. C’est à peu près à cet instant que Simon Astier, donnant un coup d’œil à la télévision derrière moi a pris un air stupéfait : « Attends… là ils disent qu’il y a eu des coups de feu à Charlie Hebdo, qu’il y aurait plusieurs morts ! ». On était en milieu de journée ce mercredi 7 janvier et l’on prenait, ensemble, la claque qui s’est abattue sur la plupart d’entre nous. Après… ben l’interview s’est pratiquement terminée comme ça. On ne trouvait plus nos mots. Il n’y avait plus rien à dire. On s’est séparés dans la rue, avec cette impression que le monde était plus gris que lorsque nous étions entré dans le bar une heure plus tôt. Mais finalement tout cela nous ramène à la question de départ. Faut-il croire aux super-héros français ? Oui. Ce n’est pas complètement con de construire une abstraction, des êtres providentiels qui tentent de régler les problèmes du monde. Pas pour y croire au premier degré mais comme un symbole, un pense-bête qu’à défaut de trouver une incarnation du bien, on a le droit de s’en forger une dans un coin de notre tête, de la même manière qu’en d’autres temps on a sculpté des statues pour représenter la Raison, la Liberté ou la Justice. Espérer dans des valeurs, croire en l’héroïsme, c’est bien. Parce que, à l’évidence, la connerie humaine, elle, ne demande la permission à personne pour s’inviter.

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