Glory #34Je ne sais pas trop s’il y a quelque chose dans l’air, s’il s’agit d’un printemps pour la BD mais en tout cas sur une fenêtre de temps de quelques semaines j’ai un certain nombre d’amis qui terminent un cycle ou en entament un. C’est le cas pour le scénariste américain Joe Keatinge, dont l’ultime épisode de la série Glory, le #34, sort ce mercredi 3 avril 2013 aux USA (mais le fascicule est bien entendu aussi trouvable dans les comic-shops européens et au format numérique sur tablette). Et comme pour plein de raisons (expliquées plus bas) je ne vous en parlerais pas sur le site de Comic Box, autant le faire ici…

Glory

Glory est un personnage lancé par Rob Liefeld il y a une vingtaine d’années… Et ce serait difficile de nier qu’à la base il ne s’agissait pas d’un gros clone, une copie albinos, de Wonder Woman. Comme fait exprès (et c’est sans doute le cas), Glory sera un temps dessinée par Mike Deodato Jr, qui avait également œuvré sur les aventures de l’amazone de DC Comics. Même Alan Moore a quand même largement surfé sur cette idée, même s’il avait amorcés des concepts intéressants (concepts qui se réincarneront par la suite dans la série Promethea). Toujours est-il, donc, qu’il y a encore deux ou trois ans évoquer Glory c’était forcément convoquer l’image d’une sous-Wonder Woman. Aussi, quand Joe Keatinge m’a annoncé qu’il reprenait l’écriture de Glory chez Image Comics mais que, pour lui, elle n’avait rien à voir avec Wonder Woman, je me suis sérieusement demandé s’il se foutait de ma gueule ou s’il était totalement inconscient.

Glory #34

Joe Keatinge n’est pas quelqu’un sur lequel j’écrirais facilement dans les pages de Comic Box (en dehors d’une petite news factuelle, comme lorsqu’il est nommé scénariste de la série Morbius chez Marvel). Il y aurait en effet un conflit d’intérêt puisque Joe est non seulement un mai aussi un contributeur semi-régulier du magazine (les interviews de Brian K. Vaughan, Mike Allred ou encore Chris Roberson, c’était lui). Il y aurait donc un petit souci d’impartialité pour traiter de ses projets ou pour pondre des reviews sur le site, comme si de rien n’était, genre on ne se connait pas. Mais bref, quand il est arrivé avec son histoire de « Tu verras, ce n’est pas Wonder Woman…« , j’ai esquissé un petit sourire poli et j’ai changé de conversation. En pensant intérieurement « Ouais c’est ça… ».

Glory #34Donc quelques mois plus tard parait Glory #23, qui marquait le début de la collaboration entre Joe Keatinge et Ross Campbell sur ce titre. Et Glory, la super-bimbo était devenue… une sorte de quintal, un monolithe débordant de chair et de muscles qui ressemblait plus aux amours improbable entre une baleine et un déménageur. Joe et Ross avaient rendu méconnaissable Glory, l’avaient réinventé en se débarrassant du côté Alerte à Malibu. Et ça, d’un coup, ça changeait tout le discours. C’était gonflé. Mais ce n’était pas tout. Car Joe, francophile forcené, avait décidé de baser son action sur… le Mont Saint-Michel. Pas forcément le genre d’endroits auquel le lectorat existant de Glory devait être habitué ! Un peu plus tard Fantômas allait même faire une apparition totalement délirante, avec une Glory plus jeune le coursant sur les toits de Paris. En quelques pages les deux auteurs allaient exploser les codes de la série, se foutre comme de l’An 40 des habitudes des comics en général et raconter leur histoire, plus tournée vers la Science-fiction que vers le super-héroïsme de grand-papa. Sans en faire un concurrent pour Walking Dead en termes de ventes, ça a marché et assez pour que Joe puisse aller au bout de son histoire, qui s’achève donc la semaine prochaine.

Glory #34Dès les premiers épisodes, nous sommes ainsi quelques-uns à voir paraître des personnages aux prénoms amplement familiers (même si Ross Campbell, lui, ne connait pas les « modèles » et leur a donc donné les visages qu’il voulait). Pour peupler son Mont Saint-Michel, Joe a fait appel à des noms de gens qu’il connaissait. Bref, si vous lorgnez parmi les seconds rôles vous remarquerez un Thierry (Mornet, responsable éditorial chez Delcourt), un Fabrice (Sapolsky, le fondateur de Comic Box), un Pierre Bisson (un des animateurs actuels de Comic Box, qui lui a droit à son nom en entier) et même un Xavier (Fournier, moi-même, donc). Bon, en même temps être figurant dans Glory c’est un métier à risque. L’essentiel des personnages cités se sont tous fait massacrer au bout de deux cases (sauf Thierry, il est pas fou le Joe, il ne veut pas se couper de futurs prospects chez Delcourt). Une raison de plus qui fait que je ne vais prétendre aborder ce projet d’une manière factuelle…

Glory #34Non mais bon… Au delà du défilé des copains, Glory est une plongée dans quelque chose de véritablement novateur dans le périmètre des comics. Au point d’ailleurs que je serais bien curieux de voir quelqu’un repasser derrière et tenter de faire comme avant, comme quand Glory était une poupée Barbie sans âme. Ca s’arrête demain aux USA, donc (non pas à cause de méventes mais parce que les auteurs passent sur d’autres projets). Et mon sixième sens me dit que ça devrait finir par sortir en France dans les mois qui viennent.

P.S. : Oh. Et puisque Joe, j’en suis certain, ne manquera pas de passer cette page à travers un Google Trad ou quelque chose de ce genre, je pense vous serez tous d’accord avec moi pour dire que Joe ihag le mortule de chez mitilre mais bien sur sans oublier les tyriapone et surtout qu’il fregeque le jarnelle ! 😉

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